Amazon accélère encore dans le commerce conversationnel. Le groupe vient d’annoncer ce mercredi 27 mai le lancement de l’AWS Agentic Shopping Assistant, une solution qui permet désormais à n’importe quelle enseigne de déployer leur propre assistant d’achat piloté par IA directement sur leur site ou leur application.
Concrètement, la technologie qui alimente aujourd’hui Alexa for Shopping (anciennement Rufus) sort officiellement de l’écosystème Amazon pour devenir un produit commercialisé via AWS.
Les marques peuvent connecter l’assistant à leur catalogue, leur identité visuelle et leurs données clients afin de créer une expérience conversationnelle personnalisée. La marque de maroquinerie Kate Spade figure parmi les premiers cas d’usage dévoilés par Amazon, avec un assistant orienté idées cadeaux et recommandations produits.
Voici ce que vous allez trouver dans cet article sur les marketplaces :
Amazon veut imposer ses agents IA dans le commerce
Une technologie déjà éprouvée sur Amazon.com
Derrière cette annonce, Amazon ne lance pas une expérimentation. Le groupe commercialise une technologie déjà utilisée à très grande échelle sur sa propre marketplace.
AWS explique que l’assistant repose sur plusieurs briques technologiques maison comme Bedrock, AgentCore ou encore OpenSearch, déjà exploitées à travers des milliards d’interactions shopping sur Amazon.com.
Le groupe applique ici sa stratégie habituelle : développer une infrastructure pour ses propres usages avant de la transformer en service commercialisable via AWS.
Amazon se présente d’ailleurs comme son propre “client zéro”. Autrement dit, les technologies proposées aux retailers ont déjà été testées dans l’un des environnements e-commerce les plus exigeants au monde.
Des déploiements accélérés pour les retailers
Amazon promet un déploiement en moins de 60 jours grâce à l’accompagnement de ses équipes AWS.
Chaque assistant reste personnalisable selon le catalogue, l’univers de marque, les données clients ou encore les parcours d’achat propres à chaque enseigne.
L’objectif d’Amazon est le suivant : permettre aux retailers d’intégrer rapidement une couche conversationnelle avancée sans avoir à développer eux-mêmes toute l’infrastructure IA sous-jacente. Amazon cherche ainsi à rendre accessibles des fonctionnalités qui auraient auparavant nécessité des années de développement interne.
La bataille du commerce agentique s’intensifie
Cette offensive confirme surtout l’accélération du “agentic commerce”, c’est-à-dire un commerce piloté par des agents IA capables d’assister l’utilisateur tout au long du parcours d’achat.
Les assistants conversationnels ne servent plus uniquement à rechercher un produit. Ils deviennent progressivement capables de comparer des références, recommander des articles, construire des paniers ou accompagner la décision d’achat de façon beaucoup plus proactive.
Et Amazon n’est plus seul sur ce terrain.
Google pousse ses fonctionnalités shopping dans Gemini et ses résultats génératifs. Microsoft développe Copilot Checkout tandis que OpenAI expérimente également des expériences transactionnelles autour de ChatGPT. La bataille se déplace désormais vers les interfaces IA capables d’orchestrer directement le parcours d’achat.
Amazon veut devenir l’infrastructure du commerce conversationnel
Au-delà du simple assistant shopping, Amazon cherche surtout à étendre son influence technologique bien au-delà de sa marketplace.
Le groupe affirme que Rufus aurait déjà généré près de 12 milliards de dollars de ventes incrémentales sur Amazon l’an dernier. En ouvrant désormais cette technologie à d’autres enseignes via AWS, Amazon tente de transformer son IA shopping en standard du marché.
Selon Accenture, plus de 30 % des transactions e-commerce pourraient être pilotées par des agents IA autonomes d’ici 2030. Le sujet n’est donc plus expérimental. Les grandes plateformes construisent déjà les futures interfaces du commerce numérique, où les agents IA pourraient progressivement devenir les nouveaux intermédiaires entre les consommateurs… et les marchands.
